On n'entendra plus cette voix qui
aimait répéter après le ministre tunisien de
l'information Boularès cette citation : "Il
y a deux façons de se perdre : par ségrégation muré
dans le particulier ou par dilution dans l'universel".
Cette voix du vieux Tall Sékou s'est éteinte
définitivement le 13 avril 1998. Mais qui est l'homme
dont on pleure la disparition ?
Tall Sékou est né vers 1916 à Bandiagara (Mali).
Après des études primaires à Bingerville, puis à
l'école normale supérieure de Bingerville, et à
William-Ponty (1930-1933), il devient instituteur à
Koudougou (Burkina-Faso) en 1939. Par la suite, il
enseignera dans plusieures écoles primaires du Burkina.
C'est lui d'ailleurs qui ouvrira plusieures écoles du
pays notamment celles de Boulsa, Téou ou Djibo où il
connut le président Maurice Yaméogo, alors commis à la
poste. Il enseignera par la suite à Korsimoro.
En 1960, il part pour la France, avec feu Moussa
Kargougou, pour des études d'inspectorat d'où il
revient major de sa promotion. |
De retour il est affecté à
Ouahigouya où il a de nombreux parents. Il servira par
la suite à Fada N'gourma.
Il quittera cette ville pour rejoindre Ouagadougou où il
est affecté au Centre de documentation et de
perfectionnement pédagogique (CDPP), qu'il quitte en
1968 pour aller à Koudougou comme directeur du Cours
normal. Retraité en 1970, (les premiers dégagés de la
"Garangose"), il s'était alors
consacré à l'écriture. Il fut entre autre président
de l'Association des écrivains afro-asiatiques.
Il a été également 1er vice-président du
Conseil consultatif national pour le Renouveau, le
président étant feu Démé Michel.
Historien de grand renom, islamologue, homme de culture,
il a été président de plusieurs jurys culturels
(FESPACO, Semaine Culturelle de Bobo...). Tall Sékou
séduisait par le verbe, la parole qu'il maniait à
merveille. Son engagement politique ?
"Je suis né RDA, je meurs RDA"
avait-il lancé lors de l'émission A cur
ouvert de la TNB. Le vieux Tall a été inhumé
à son domicile de Samandin. Il laisse trois femmes et
dix sept enfants.
Dieudonné
Zoungrana
L'OBSERVATEUR
14/04/1998
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