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Histoire

Longtemps connu   sous le   nom de «Pays des Mossi» en référence à ce grand peuple ouest   africain et son empire   multiséculaire, ce petit pays après être tombé sous la domination coloniale française à la fin du XIXème siècle, prend le nom de «Colonie  du Haut Sénégal-Niger» en   1904 .  En 1915, elle   devient la   « Colonie de Haute   Volta ». En 1932, le  pays est démembré et chacun de ses morceaux est administrativement   intégré dans les   territoires des   colonies voisines. En 1947, après avoir retrouvé ses frontières,   s'ouvre une longue période de   trente sept années pendant lesquelles   La Haute Volta   conservera son   nom.   Elle accède  ainsi à l'Indépendance en 1960, sans que ne soient modifiés, ni ses frontières, ni son nom, hérité de la référence faite au cours supérieur des trois fleuves la traversant (Volta Noire, Volta Rouge et Volta Blanche) .

L'accession à   l'Indépendance du pays, marque aussi le début d'une longue   période troublée, caractérisée par   une instabilité  politique permanente.

Ainsi pour concrétiser sa lutte contre la corruption en Afrique et particu- -lièrement dans son pays,   le capitaine   Thomas Sankara vient, pour la sixième fois en moins d'un siècle, de changer le nom de cet Etat sahélien classé parmi les plus pauvres du monde. Porté au pouvoir à la faveur d'un «Coup d'Etat»   en 1980, le jeune Chef d'Etat, prend   toute une série de mesures rigoureuse   destinées à stigmatiser   un certain renouveau et à tourner   définitivement le dos aux anciennes pratiques.   Le Burkina Faso devient une République   populaire.   En 1984, la Haute Volta devient   le BURKINA FASO, qualificatif de «Terre des hommes intègres».


Si l'on se réfère à la tradition,  c'est au  XIème que les Mossi, se seraient installés  dans  ce  qui est  aujourd'hui  l'actuel Burkina Faso , après avoir été chassés de la région du lac Tchad. Après une longue migration qui les fît  transiter  par  le  Ghana,  ils  s'installèrent  au  Burkina.  Si l'on suit la tradition semi-légendaire rapportée par les griots, l'histoire commence par la rencontre de Yénenga, fille du puissant roi qui régna sur les peuples du nord du Ghana avec le chasseur  d'éléphant Rialé  et de l'histoire d'amour qui s'ensuivit .  De cette  union naîtra  un  fils qui  sera appelé «l'Etalon». Ayant  atteint  l'âge  adulte,  Ouédraogo  (l'Etalon) quitte le Ghana et va s'installer plus au  nord  à  Tenkodogo,  (La vieille terre)  ou  il fonde une nouvelle dynastie. Ainsi va naître le premier territoire de ce qui deviendra plus tard, le BURKINA FASO . Aujourd'hui, cette petite ville située au sud-est de Ouagadougou est toujours vénérée, car considérée comme le berceau de la puissante civilisation Mossi.

Si l'on s'en  réfère  aux  historiens,  c'est  au  cours  du XIème siècle que naquirent les premiers royaumes Mossi de Tenkodogo et de Ouagadougou - Obritenga  ainsi  que  Gourmantché.   Ils  se   caractérisèrent  par  une organisation remarquable et  particulièrement  efficace qui leur permis de résister à toutes les tentatives de démembrement de leurs ennemis aussi bien intérieurs, qu'extérieurs.

Au sommet de la hiérarchie  se trouvait l'Empereur, le Moro Naba, vénéré comme un Dieu,  car  symbolisant  le  soleil.  De nos jours, la tradition se perpétuant, il  existe  toujours  un  Moro  Naba  à  Ouagadougou,  qui vit entouré de toute sa cour, mais qui quoiqu'étant toujours très respecté, il ne représente  plus  qu'une  autorité morale dans l'actuelle République du Burkina Faso.

Au   début   du  XVI ème  siècle,  va  se   constituer  dans  le  nord   du Burkina Faso,  un  nouveau  royaume , qui  rapidement va étonner par sa puissance . il s'agit du  Yatenga ou «Terre de Yadega». Ce dernier, jeune chef  de  guerre  se fixe  à  Gourcy entre Yako et Ouahigouya au nord du pays.  A partir de cette base  il  va  lancer  de  nombreuses   expéditions militaires pour  conquérir tout le voisinage. Ses successeurs vont parfaire ses  conquêtes  et   donner  ainsi   naissance  au  puissant   royaume du Yatenga.

Le  Naba Kango (1757-1787) par  sa  réputation  de  guerrier redoutable, restera certainement la figure emblématique de l'histoire du Yatenga. Ses exploits  font aujourd'hui encore, la fortune des griots. Peu d'événements notables se  dérouleront  pendant la période d'avènement du royaume du Yatenga.

Dès  1795,  l'Islam  commencera  son  offensive  dans  le Mossi, jusque là resté  animiste.  Au  cours  du  XVIII ème  siècle  est  fondé  en 1714, le royaume  de  Gouïriko  par  le  prince  Dioula  Famara  Ouattara,  venu du royaume de Kong (au nord de l'actuelle Côte d'Ivoire). Ainsi, pendant plus d'un siècle, les  Ouattara  qui  ont installé leur capitale à Bobo-Dioulasso, vont régner sur toute la région ; Au siècle suivant les Dioulas vont devoir combattre un autre royaume Dioula rival, le Kénédougou, fondé à Sikasso ( l'actuel Mali ) par les Traoré.

Ces guerres incessantes vont toutefois affaiblir le Gouïriko, qui peu à peu va  entrer en décadence à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle. Devant la puissance des troupes coloniales françaises, celui-ci signera en 1897, un Traité de protectorat.

Au  XIX ème  siècle,  les  territoires situés au coeur de l'Afrique suscitent l'intérêt   des  Européens,  qui   au  départ  semblent  revêtir  un  aspect purement  scientifique,  surtout  géographes  et  cartographes,  car  ces régions  de l'intérieur peu  ou  pas  connues sont portées en blanc sur les cartes existantes.  L'explorateur  écossais  Mungo  Park qui opère pour le compte  de  society  de  Londres,  parcours pour la première  fois le pays Mossi en 1806 . En 1883,  c'est  au  tour  de  l'Allemand  Henrich Barth et enfin, du Lieutenant français Louis Gustave Binger qui entre 1897 et 1898 sera le premier à parcourir le Burkina Faso.  Malheureusement, toutes ces incursions occidentales au coeur de  l'Afrique  profonde, sous le  prétexte de dresser une cartographie  moderne et  désintéressée de l'Afrique, vont contribuer  au  découpage  d'un empire  colonial  dont le souci sera avant tout,  d'en  piller les richesses. La découverte de ces nouveaux territoires africains, permettra  aux voyageurs de témoigner de l'histoire tourmentée de cette région.

Durant le XIXème siècle de nombreux conflits éclatent, notamment sur le territoire  de  l'actuel  Burkina  Faso.  C'est  alors qu'apparaît un nouveau conquérant, l'almamy Samory Touré qui convoite lui aussi le Burkina Faso. Après  avoir  vainement tenté au Mali de prendre Sikasso (siège de 1887-188) et étendu sa puissance sur le nord de la Côte d'Ivoire, il marche sur Gouïriko en 1896.  Il  est  repoussé par les troupes britanniques installées au Ghana. Samory  qui vient de conquérir le royaume de Kong (mai 1897) rejoint son  fils  Sarantyé  Mori aux portes de Bobo Dioulasso. Au moment de prendre la capitale du Gouïriko, ses  troupes sont attaquées par celles du  Tyéfo  Amoro  de  Noumoudara.  Samory  ivre  de  rage,  laisse  Bobo Dioulasso et rase  Noumoudara.  L'approche  des  troupes britanniques et françaises contraint l'almamy à se replier en Côte d'Ivoire. Il sera capturé à  Guélémou  en septembre  1898  et déporté au Gabon. A cette époque, les français passent de nombreux traités de protectorat, successivement avec  Dédougou,  le  royaume de Ouahabou et en pays Lobi, en avril-mai 1897  avec  Diébougou.  Le  Commandant  Caudrelier dès le mois suivant, occupe  Ouarkoyé  et  signe un traité avec le Guïriko à Bobo Dioulasso en septembre 1897. Dès l'année suivante, les troupes françaises soumettent toute  la  région  de  Banfoura  et  en  prenant  Sikasso,  mettent  fin au royaume de Kénédougou.


Naba WOBGO de Ouagadougou à la tête de son armée (Photo d'archives)
A   cette époque règne sur   le pays Mossi, le Naba Baogo, lequel signe un traité de protectorat avec la France le 18 mai 1895.    Ce traité ne   sera jamais respecté et le Naba Baogo est tué par son adversaire et prétendant au  trône   Bagaré, qui   devient    le nouveau chef du    Yatenga en   juin 1895  sous  le nom de Bulli jusqu'à sa mort en  1899.   Cette même  année, les mauvaises récoltes provoquent la
famine   dans tout le royaume.   Les successeurs du Naba Bulli , les Naba Sanom   et Le Naba Wogbo   seront les témoins de   l'invasion   coloniale française.   En  février 1897,   le lieutenant Voulet se   rend à   Tendogo, berceau de   l'empire Mossi,   après négociation   avec le   Naba   et une entrevue   pacifique  avec le chef   des troupes   britanniques, la France prend  possession   de tous les territoires Mossi. Dans le même temps, le capitaine Destenave soumet l'est et le nord du pays.

C'est à Fada N'Gourma que vont  s'installer dès 1899, les  premiers pères blancs, lançant ainsi la première  offensive du christianisme dans la pays. Ils  s'installent  à  Koupela  et à  Ouagadougou  en  1900  et  1901  sous l'autorité  ecclésiastique  de  Mgr Hacquard.  Trois ans plus tard à lieu le rattachement du pays Mossi à la colonie du Haut sénégal-Niger.

La première guerre mondiale 1914-1918 verra l'enrôlement forcé et massif d'africains  partant  se  battre  en  Europe. A la fin de ce conflit la Haute Volta, va devenir une colonie à part entière après son détachement de la colonie du haut Sénégal-Niger.

En 1932, la Haute Volta est supprimée. Le pays est démembré et réparti entre les colonies de  Côte d'Ivoire, du Soudan (actuel Mali) et du Niger.

A l'occasion  de la seconde guerre  mondiale,  les  africains  vont encore payer un  lourd  tribu  et un grand nombre de combattants originaires de l'actuel Burkina iront se battre en France, en Allemagne et en Italie ;

Le Moro Naba Koom II décède en 1942,  et  le trône de Ouagadougou est occupé par le Moro Naba Sagha jusqu'en 1957. La fin de la guerre voit en 1947, la  Haute  Volta  retrouver  ses  anciennes  frontières  et obtenir le statut de Territoire d'outre mer.

C'est à Bamako en  1946, que  va  se sceller le destin de l'Afrique avec la réunion de  tous les Parlementaires africains. Amenés par Félix Houphouet Boigny de Côte d'Ivoire et  Ouezzin Coulibaly, cette réunion va porter sur les fonds  baptismaux  le  R.D.A (Rassemblement  Démocratique Africain). Le RDA  est  le  grand  triomphateur  des  élections  en  Afrique.  A cette époque,  Félix Houphouet Boigny,  Ministre d'Etat de la France, prépare la loi  cadre  de 1956  dont  l'aboutissement  sera le fédéralisme de l'Afrique occidentale.

En 1957, Ouezzin Coulibaly,  chef  du RDA  gagne les élections et devient Vice  Président  du  Conseil  du  Gouvernement.  L'arrivée  au  pouvoir du Général de Gaulle en France,  farouche partisan du fédéralisme en Afrique accélère  la  marche  vers  l'indépendance.   Le  11  décembre  1958  est proclamée la République de Haute Volta, état membre  de la Communauté française.

Le  11  juillet  1960,    la  République  de    Haute  Volta    proclame  son Indépendance,  Maurice Yaméogo en est élu premier Président. La Haute Volta devient également membre de L'Organisation des Nations Unies. En 1965,   une  nouvelle  élection    confirme  Maurice  Yaméogo  dans  ses fonctions de  Président  de  la République, mais le 3 janvier 1966, l'armée avec à sa tête le Lieutenant Colonel Sangoulé Lamizana prend le pouvoir. En 1977, un Référendum  permet d'approuver la nouvelle Constitution qui prévoit le retour  à  un régime  civil et le tripartisme politique. A son tour en 1980, le Général  Lamizana  est renversé par le Colonel Saye Zerbo et la même année a lieu la visite du Pape en Afrique et notamment à Ouagadougou.

Le passage à la  tête de  l'Etat du  colonel Saye  Zerbo  sera de  courte durée,  car en 1983,  un jeune capitaine Thomas Sankara lui succède et crée le Conseil National de la Révolution. En 1984, la Haute Volta change une nouvelle fois de nom et devient le Burkina Faso.

Renversé   et tué   en octobre   1987,  il laissera au Burkina et à   l'Afrique l'image d'un homme épris d'un idéal de paix et de prospérité   pour son pays. Chevalier des temps modernes, il   s'est   attaqué sans relâche à la corruption et a contribué à la moralisation du   Burkina Faso. Aujourd'hui une   certaine unanimité se fait autour de son action  qui a  largement contribué au démarrage de  la Nation  Burkinabé  et  à l'image de sérieux qu'elle donne au monde à l'heure  actuelle,  permettant  ainsi  de crédibiliser le pays au niveau international.

Avec le  Président Blaise  Compaoré, s'ouvre  une  ère  nouvelle  pour  le Burkina Faso  qui  de 1987 à 1996 ne va pas cesser de mener le pays sur la  voie du  développement. En effet, confronté dès sa prise du pouvoir à une situation économique  extrêmement  grave, le nouveau président met en place  dès 1990,  un plan  d'ajustement  structurel  qui aujourd'hui fait sentir ses effets positifs. Sur le plan politique, est mise immédiatement en chantier  un  projet de  Constitution  prévoyant  l'instauration  d'un  état démocratique et laïque. Elle sera adoptée par référendum en juin 1991.

En  décembre  de la même  année, le  Président Compaoré est réélu avec plus de  86 % des  voix ; Cette tendance électorale est confirmée par les élections législatives  de 1992, au  cours  desquelles l'OPT-MT le parti du président obtient la majorité des sièges au parlement (78 sur 107).

Les mandats successifs du Président Blaise Compaoré auront été marqués par  un   retour  aux  institutions  démocratiques,   notamment  le  multi- -partisme, qui a permis un  rééquilibrage politique et une meilleure gestion des  affaires de  l'Etat. D'autre part, il a su  insuffler  au peuple Burkinabé certaines notions essentielles, qui sont en train de permettre le décollage du pays,  notamment,  l'amour du  pays,  la  cohabitation  pacifique et le respect mutuel  entre les différentes  ethnies, et  surtout, les  vertus  du travail et de l'honnêteté.  En un mot, il a, à sa manière, poursuivi l'oeuvre entreprise par son  prédécesseur  Thomas Sankara en en faisant les clefs de la réussite  pour le Burkina Faso  de l'an 2000, tout en développant et en libéralisant l'économie.








    
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